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Travaux au sein d'une équipe

LES DISPOSITIFS PÉDAGOGIQUES DE LA VISITE PUBLIQUE DES ÉGOUTS À PARIS

En 2021 a réouvert à Paris la Visite Publique des Égouts, site exceptionnel et unique au monde qui permet au public de visiter une partie du vaste système des égouts parisiens. Cette réouverture a eu lieu après les travaux de rénovation entrepris 2016 selon le projet établi par l’agence Frenak et Jullien, travaux comprenant, outre l’aménagement en surface d’un nouveau pavillon d’accès, la refonte totale du parcours de visite et des présentations muséographiques. L’objectif de ce projet est de rendre ce site si particulier accessible à un public plus large et d’en adapter les dispositifs didactiques et présentations en fonction d’une approche pédagogique renouvelée. 

Cette fois encore, j’ai eu la chance et le plaisir d’être en charge de ce projet passionnant pour l’agence Frenak et Jullien en tant que chef de projet dès les premières esquisses. Malheureusement, accaparé par ma mission de conseil en muséographie pour le Musée du Vin de Champagne et d’Archéologie, j’ai dû abandonner cette mission au stade des appels d’offre pour les travaux. Mais la nouvelle scénographie prévoyant la constitution d’un ensemble important d’outils de médiation à destination du public, outils venant en accompagnement de la visite du site industriel et objets de collection présentés et en renfort d’un important dispositif multimédia et signalétique, je suis resté en charge de sa conception.

Cet ensemble comprend la réalisation principalement de deux dispositifs majeurs intégrant, sur la base de maquettes de dimensions importantes, des projections et automates lumineux. Installés dans le couloir d’accès à la partie des égouts accessible au public, ils occupent deux grandes arcades murées des galeries dites « sèches » du site de la Visite Publique des Égouts.

Le « Tout à l’égout »

Intitulé « Tout à l’égout », ce dispositif a pour objectif de montrer, le fonctionnement des égouts à l’échelle domestique, à l’intérieur d’un immeuble parisien typique, et dans la rue, au niveau de la chaussée. Au niveau de l’immeuble, afin de faire comprendre au public le fonctionnement de notre approvisionnement quotidien en eau et l’impact de gestes simples de la vie courante sur la pollution de l’eau, il s’agissait de montrer le parcours de l’eau dans un immeuble courant, l’eau potable arrivant par des canalisations séparées passant par les égouts, son usage domestique la transformant en eau grise ou noire rejetée ensuite dans les égouts. Au niveau de la rue, il s’agissait d’illustrer la collecte de l’eau de pluie qui ruisselle sur les chaussées pour rejoindre les égouts et de faire comprendre l’importance des variations de débit liées aux types d’intempéries (averse, orage). Là aussi, il était important de montrer comment l’eau de pluie devient polluée quand elle charrie dans les égouts les déchets présents sur la chaussée.

Pour atteindre cet objectif, il semblait important de mettre le visiteur au centre du dispositif, par une manipulation simple pour lier une action banale de la vie de tous les jours (prendre un bain, faire une lessive) à l’acheminement de l’eau, son changement de qualité et à son évacuation par le réseau des égouts. De la même manière, pour l’eau de pluie, c’est par une action simple de la part du visiteur que devrait s’opérer la distinction entre averse courante et orage violent. La compréhension du discours serait renforcée par l’utilisation d’éléments lumineux soulignant les parcours de l’eau et des variations de couleurs pour rendre évidente la différence de qualité de l’eau. 

Le dispositif se compose donc comme suit. Sur une paroi métallique ajustée à l’arcade et formant double fond technique, une grande maquette au 1/20ème montre une coupe sur une rue parisienne typique, avec de part et d’autre des conduits des égouts, un collecteur et en dessous, un tunnel de métro.

A droite, un immeuble parisien type haussmanien est représenté en coupe. Chaque niveau de l’immeuble comprend des équipements courants d’usage de l’eau : baignoire, évier, WC, machine à laver. Par un système lumineux intégré (bandes leds), la maquette montre comment l’eau propre arrive par une canalisation passant dans les égouts et comment les eaux usées sont évacuées dans les égouts. Elle simule l’arrivée d’eau et l’évacuation des eaux usées (colonnes montante et descendante) et montre comment l’eau est la même quelle que soit son utilisation. Chaque utilisation est identifiée et commandée séparément par un bouton poussoir qui s’allume le temps de l’animation lumineuse qui suit le parcours de l’eau, qui est d’abord bleue quand elle arrive puis rouge quand elle ressort. Lors du passage de l’eau, l’appareil sanitaire utilisé devient bleu, puis rouge.

A gauche, l’immeuble est représenté plein mais la gouttière et la descente d’eau pluviale sont traitées comme dans la partie droite de la maquette avec un système lumineux figurant la descente de l’eau de la gouttière à l’égout, commandé de la même manière qu’à droite par bouton poussoir permettant de sélectionner l’intensité des précipitations (averse ou orage). Cette partie de la maquette est associée à un dispositif multimédia mis au point par l'agence On-Situ et permettant la projection sur le fond du dispositif, par vidéo-mapping entre les deux immeubles, d’animations sur le cycle de l’eau. Pour l’averse, l’animation se limite à la gouttière, à la descente d’eau pluviale et à l’égout. Pour l’orage, l’animation lumineuse se prolonge de l’égout dans le collecteur et simule la montée des eaux dans le collecteur. Une animation présentant un scénario hors intempérie fonctionne en boucle pour garder le dispositif attractif hors utilisation. 

Extraits des plans établis
Le dispositif à l'arrêt - Seule la projection sur le fond fonctionne

La « Typologie des ouvrages »

Autre dispositif de grandes dimensions, la « Typologie des ouvrages » est un système plus simple destiné à évoquer sous forme de maquettes tactiles la complexe typologie des ouvrages mis en œuvre dans les égouts parisiens. Accompagnées d’une série de photographies illustrant les différents exemples présentés et placées à une hauteur qui les rend accessible au jeune public, 10 coupes en bas-relief représentant une sélection d’ouvrages courants au 1/20ème (échelle identique à celle du « Tout à l’égout » voisin) s’enfoncent dans la paroi métallique formant le support de ce dispositif. Organisées de la plus petite à la plus grande, toutes sont présentées sur une même ligne, le niveau de référence d’alignement étant le niveau de la voirie au-dessus des ouvrages, qui est marqué par une ligne marquée sur la tôle. Ce principe induit de fait une figuration du système gravitaire, qui est le principe de base de fonctionnement des égouts parisiens, l’organisation des ouvrages entre eux créant une pente régulière qui permet à l’eau d’évacuer les déchets par simple écoulement.

Un dispositif lumineux de présentation du système gravitaire à l’échelle de la ville de Paris complète la présentation. Actionné cette fois encore par un bouton-poussoir par le visiteur, il montre de manière schématique l’écoulement des eaux dans le réseau des égouts parisiens, qui tire parti des pentes naturelles de la topographie parisienne pour faciliter les flux.

Extraits des plans établis
Détail

La réalisation des dispositifs a été effectuée par la société Tactile Studio.



Travaux au sein d'une équipe

LES OUTILS PÉDAGOGIQUES DU MUSÉE DU VIN DE CHAMPAGNE ET D'ARCHÉOLOGIE RÉGIONALE D'ÉPERNAY

En 2021 a réouvert à Épernay (51) le Musée du Vin de Champagne et d’Archéologie régionale, fermé depuis plusieurs années, suite à sa rénovation suivant le projet mené par l’agence Frenak et Jullien à Paris suite au concours gagné par l’agence en 2016.

 

C’est dans le cadre de ce projet que j’ai eu le plaisir d’avoir à m’occuper de l’ambitieux programme de maquettes, outils pédagogiques et fac-similés prévu dans le cadre des nouvelles présentations en tant que concepteur, puis en étant en charge du suivi de réalisation. Cette mission de conseil en muséographie s’est déroulée du concours à la livraison, en passant par les différentes phases d’étude, les appels d’offres et la réalisation des différents dispositifs de médiation. 

Les maquettes et fac-similés objets de cette mission ayant été traités dans un autre article de ce blog, seul le lot « Outils pédagogiques » qui couvre les dispositifs de ce type présents dans l’ensemble des sections est présenté ici.

Les outils pédagogiques

Dernier lot soumis à appel d’offre, couvrant toutes les sections du musée, l’ensemble des outils pédagogiques réalisés pour le Musée du vin de Champagne et d’Archéologie régionale d’Épernay comporte une vingtaine de manipes. Ils répondent à la volonté de l’équipe du musée de rendre le parcours interactif et de solliciter régulièrement l’action du visiteur, chaque manipe étant conçue pour accompagner et expliciter les collections. Leur mise au point a été complexe et a nécessité un travail d’écriture des textes (pour une grande part effectué par la société La boîte à histoires), de dessins d’accompagnement ou de légende et de recherches documentaires complémentaires. Par ailleurs, ces dispositifs venant s’intégrer dans les tables en retrait de la bande cartel de 15 cm prévue par la scénographie, tous ont été dessinés pour que la zone à manipuler reste aisément accessible malgré cette contrainte. Tous ont été réalisés à l’issue de l’appel d’offres par la société AOF Maquettes, déjà retenue pour les maquettes de la section « Histoire du vin de Champagne » et les dioramas de la section « Histoire du sol » (voir article sur les maquettes et fac-similés et outils pédagogiques pour le Musée du vin de Champagne et d’Archéologie régionale d’Épernay).

L’ensemble des outils pédagogiques réalisés peut être classé selon quatre catégories principales, chaque catégorie correspondant à une manière différente d’attirer l’attention du visiteur, en particulier le jeune public, afin d’obtenir les objectifs pédagogiques souhaités : la mise en scène, les devinettes, les puzzles et l’expérimentation.

La mise en scène

Les outils de médiation basés sur un principe de mise en scène sont les plus simples. Il s’agit de présenter sous une forme ludique des explications complémentaires aux collections présentées. L’ensemble des outils pédagogiques réalisé ne comprend que 3 dispositifs de ce type, mais le plus spectaculaire est sans nul doute celui intitulé « Les altérations de la vigne » dans la section « Histoire du vin de Champagne ». Placé dans une salle consacrée à la vigne et à ses maladies, le dispositif se compose, pour accompagner neuf fiches explicatives détaillant les principales altérations de la vigne (les ravageurs, les maladies, les intempéries) et attirer l’attention du visiteur de trois modélisations les symbolisant : une spore d’oïdium monstrueusement agrandie, une larve de pirale tout aussi monstrueuse et un thermomètre. Ne demandant que peu de manipulation de la part du visiteur (les fiches explicatives s’apparentent à des fiches de salle), ce dispositif reste plutôt simple à réaliser mais là encore, la capacité de l’équipe d’AOF maquette à recréer ces représentations à partir de peu d’éléments à été précieuse. 


 
Plans de principe du dispositif (extraits)
Modélisations des principales altérations
Exemple de fiche


Les devinettes

Plus sophistiqués, les outils de médiation basés sur un principe de devinette cherchent à faire deviner quelque chose au visiteur en lui demandant de répondre à une question à partir d’indices divers mis en scène de manière attractive. Dans le cas présent, une manipulation simple, soulever un clapet pour reprendre un système par ailleurs mis en place pour le parcours enfant du musée, lui permet de découvrir la réponse. 

Cinq dispositifs qu’on peut classer dans cette catégorie ponctuent la visite du musée. Relativement simples à réaliser, les outils pédagogiques consacrés dans la section « Histoire de l’implantation humaine en Champagne » à la présentation des « Le carpologue » ou encore de l’« L'archéozoologie » fonctionnent sur le principe décrit plus haut. Dans des éprouvettes ou sous forme de fac-similés manipulables, des échantillons sont présentés au visiteur qui doit les identifier. Un traitement graphique sur le plateau de jeu associe chaque échantillon à un clapet sur lequel figure un indice supplémentaire sous forme de question. Soulever le clapet confirme ou donne la réponse. Ces deux outils pédagogiques sont présentés sur la même table que la maquette de la ferme romaine à laquelle ils se réfèrent.


 
Plans de principe des dispositifs consacrés au carpologue et à l'archéozoologue (extraits)
Le carpologue (premier plan) et l'archéozoologue (second plan)
    
Détails des clapets question / réponse
De haut en bas: la question, l'illustration, la réponse
Les deux outils pédagogiques associés sur la même table didactique
à la maquette de la ferme romaine

Tout en fonctionnant sur le même principe de la devinette, le cinquième dispositif fonctionnant sur un principe de devinette est beaucoup plus complexe. Situé dans la section « Histoire du vin de Champagne » et intitulé « La boîte à arômes », il s’agit de faire comprendre l’évolution des saveurs et des parfums dégagés par les différents cépages utilisés dans la production de Champagne au cours du vieillissement du vin. Ce dispositif olfactif se présente donc sous la forme d’une table circulaire, le visiteur étant amené à sentir dans neuf cornets neuf parfums différents, chaque parfum correspondant à un âge de chacun des 3 cépages présentés. Chaque cornet est associé à une boîte circulaire vitrée fermée par un couvercle, soulever le couvercle permettant de trouver la réponse sous la forme d’une représentation en volume d’un objet symboliquement associé au parfum : une brioche, une pomme, une tasse de café, des fraises, etc…


 
 
Plans de principe du dispositif (extraits)
Détail du plateau
Boîte à arômes
Illustration de différents parfums
 
La mise au point de ce dispositif a été autrement plus complexe, tant techniquement que sur le plan olfactif. Sur le plan technique, il a fallu adapter un système de manipulation relativement simple (le dispositif fonctionne comme une poire à parfum) pour donner l’impression que le parfum provient de la représentation en volume figurant dans les boîtes. Il a fallu aussi trouver un système permettant de changer facilement les réserves de parfums, le tout dans un espace très réduit (cette boîte à arômes ne fait que 120 cm de diamètre). Enfin, il a fallu trouver les parfums synthétiques représentant au mieux les arômes recherchés. 

Les puzzles

La logique des dispositifs fonctionnant comme un puzzle est de faire participer le visiteur en lui demandant de reconstituer quelque chose pour attirer son attention sur une information précise. Dans le cas présent, un seul outil pédagogique fonctionne sur ce principe, « Les cépages du Champagne » dans la section « Histoire du vin de Champagne ». Réalisé sous la forme d’un livre-puzzle composé de 24 fiches, il s’agit de faire tourner les fiches pour reconstituer des pages complètes, chaque page étant organisée autour du dessin spécifique d’une feuille d’un cépage donné et en présentant ses particularités. Pour faciliter la manipulation, des couleurs différentes sont associées à chacun des 7 cépages présentés.


  
Plans de principe du dispositif (extraits)
Puzzle des 7 cépages
Planche décomposée
Planche reconstituée

L'expérimentation

Les outils de médiation basés sur un principe d’expérimentation offrent au visiteur la possibilité de manipuler des objets pour le mettre en situation de comprendre par l’exemple et la manipulation les informations qu’on veut lui transmettre. Dans le cas du musée u vin de Champagne et d’Archéologie régionale d’Épernay, ils sont de loin les plus nombreux. Dans le cadre de cet article, je n’en détaillerai que trois : « Le remontage de céramique », « La typologie de céramique » et « Les bacs à fouilles ».

Situé dans la section « Histoire de l’implantation humaine en Champagne » et associé sur une table didactique à la maquette d'un site de production de poteries, « Le remontage de céramique » ou « Le céramologue » propose au visiteur de reconstituer à partir de morceaux épars une céramique à la manière d’un puzzle en trois dimensions, le but étant de remettre le visiteur dans la situation d’un archéologue lorsqu’il découvre les fragments d’une céramique. Néanmoins, contrairement à l’idée initiale du musée, qui était de prévoir une contre-forme servant de support sur laquelle le visiteur devrait venir fixer les différents morceaux, j’ai proposé un autre principe : réaliser un vrai puzzle en 3 dimensions, sans contre-forme, le visiteur devant associer les morceaux entre eux à l’aveuglette jusqu’à obtenir la céramique complète. 

Cette solution avait selon moi l’avantage de remettre le visiteur exactement dans la situation qu’un archéologue qui, lorsqu’il commence ce travail d’assemblage des fragments qu’il a découverts, ne sait pas à quoi la céramique qu’il est en train de constituer ressemble. C’est le gros inconvénient selon des dispositifs identiques comprenant une contre-forme, qui fausse l’exercice en donnant d’emblée une image de l’objectif. 

Par contre, elle avait l’inconvénient de compliquer la mise au point des différents morceaux qui doivent pourvoir s’assembler parfaitement pour que l’ensemble tienne une fois monté. La réalisation de ce dispositif par AOF Maquettes a à ce sujet été parfaite.


Plans de principe du dispositif (extraits)
Le remontage de céramique tel qu'il se présente au visiteur
Principe de montage

« La typologie de céramique » ou « Le céramologue » est un jeu pour deux personnes basé sur le principe du Qui-est-ce? Il s’agit de choisir parmi un ensemble de propositions un objet que l’adversaire doit découvrir en posant des questions simples. Le premier à trouver ce que l’autre a choisi gagne. Situé lui aussi dans la section « Histoire de l’implantation humaine en Champagne », ce jeu a pour objectif comme dans l'outil pédagogique précédent de mettre le visiteur dans la situation d’un archéologue qui doit déterminer à quelle catégorie de céramique un objet appartient : vase, assiette, objet avec anse, etc… Il est conçu comme un Qui-est-ce? avec deux jeux identiques se faisant face et composés chacun d’une réglette avec curseur permettant de faire son choix parmi 12 céramiques proposées et des 12 fiches à rabattre au cours du jeu au fur et à mesure des questions posées. Les céramiques présentées sont bien évidemment issues des collections du musée.


  
Plans de principe du dispositif (extraits)
La typologie des céramiques et les réglettes de sélection des objets
 
Situé dans le parc du Château Perrier mais réalisés dans le cadre de ce lot, les deux « Bacs à fouilles » participent de la même logique d’expérimentation, cette fois dans le cadre des ateliers pédagogiques organisés par le musée. Il s’agit de reconstituer à échelle réduite un champ de fouille pour permettre aux enfants de découvrir des vestiges à la manière d’un archéologue. Leur contenu a été établi en fonction de leur utilisation pédagogique : découverte d’un squelette pouvant figurer une tombe, découverte des vestiges d’un mur.


 
Plans de principe des dispositifs (extraits)
Les deux bacs et leur système de protection


L’architecture, le patrimoine et l’urbanisme comme thèmes de recherches

MAQUETTE-JEU « CONSTRUIRE LE FAMILISTÈRE » POUR LE FAMILISTÈRE DE GUISE

Cette maquette-jeu en bois fait partie d’une commande pour la conception de cinq maquettes produites dans le cadre des nouveaux aménagements muséographiques du Familistère de Guise, aménagements ouverts en 2010.
Maquette démontable, manipulable par le public, elle a été conçue pour l’atelier pédagogique « Construire le Familistère », atelier où le public apprend les principes à la base de l’organisation du Pavillon central du Familistère. Elle devait en particulier faire comprendre les systèmes de circulation, le principe de répétition des cellules de logements, l’organisation des services communs, l’importance du rythme de la trame des conduits de cheminée, et le rôle d’éléments unificateur qu’ont la cour couverte et sa verrière dans le bâtiment.

Elle est le résultat d’un travail effectué en collaboration avec les architectes muséographes, Béatrice Julllien et Catherine Frenak, le conservateur, Frédéric Panni et les maquettistes de l’ETSAV, Angel García et Laura Baringo. Sur la base d’un principe proposé par les architectes muséographes, ma mission a beaucoup consisté à proposer une logique de montage correspondant aux objectifs de la maquette, puis à établir le découpage des pièces, le niveau de détails et les principes de représentation. Établis avant l’appel d’offre pour le choix des maquettistes, tous ces points ont été par la suite précisés en accord avec eux et selon leur propre approche du projet.

La maquette est composée d’un élément fixe, inclus dans la table support et d’un ensemble de pièces amovibles, que le visiteur doit mettre en place. La partie fixe figure la partie Nord du bâtiment, élément complet servant de repère pour le montage de la partie Sud, et les caves, éléments en bois sur lesquels viennent se fixer les pièces amovibles qui permettent de construire l’ensemble du bâtiment.
Dimensionnement de la maquette
L’ordre de montage retenu respecte une suite d’étapes, chaque étape permettant d’expliquer un point du bâtiment. Ainsi, le visiteur commence par poser le sol de la cour, premier élément commun autour duquel tout le bâtiment s’organise. Il place de la même manière les autres éléments communs que sont les commerces situés en rez-de-chaussée, les cages d’escalier et les sanitaires. Dans les étapes 2, 3 et 4, il met en place les différents niveaux, du rez-de-chaussée au troisième étage.
Axonométries des étapes du montage
Pour être manipulables et offrir une vision schématique du bâtiment, les appartements qui les composent ont été simplifiés, l’élément de base étant le module courant composé de deux deux pièces associé à une longueur de coursive. Chaque pièce se présente comme un volume plein. Sur ses façades, seul le rythme des ouvertures est reproduit, le plan des appartements étant figuré en volume sur la face supérieure. Proposé par les maquettistes, un code couleur gris/blanc/bois vernis permet d’identifier sur un élément le type d’appartement, le bois brut correspondant aux parties communes dans l’ensemble de la maquette. Sur une proposition des maquettistes, ces éléments comprennent aussi des fragments de conduits de cheminée. Cette idée est judicieuse, car elle permet de bloquer les pièces les unes par rapport aux autres tout en soulignant l’importance de ces conduits dans la construction réelle.
Schéma de principe du module de base et transpositions par les maquettistes
Les étages montés, le visiteur met en place le toit, puis la verrière, autre élément fédérateur du bâtiment. Elle est représentée par une pièce unique en plexiglas thermoformé. Le montage se termine par la pose des souches de cheminées en les enclenchant dans le toit, cette opération étant encore une fois une manière de souligner l’importance de ces conduits dans la logique de construction du bâtiment.
La maquette réalisée photographiée en atelier
La maquette a été réalisée en deux exemplaires, disposés tête-bêche sur de longs plateaux laissés vides dans une salle spécialement dédiée à cet atelier. Sous les plateaux, qui servent de tapis de jeux, une série de tiroirs numérotés servent pour le rangement des pièces en fonction des étapes de montage. Au mur, des schémas en axonométrie permettent au visiteur non accompagné de suivre ces étapes. En dehors de la verrière en plexiglas, l’ensemble des éléments est en noyer américain, bois suffisamment dur pour être manipulé sans risque et vernis pour limiter son encrassement.